intervention de notre élu à la CAPA du 21 mars 2015

Déclaration de Sud-Éducation Picardie
à l’occasion de la CAPA des certifié-e-s
et A. E. de l’Académie d’Amiens
le mardi 21 mars 2015

Cette commission se déroule dans un contexte d’incertitude et de régression sociale pour les agents
de l’Éducation Nationale, notamment en raison de la « réforme du collège », soit dit en passant refusée
au Conseil Supérieur de l’Éducation par les organisations syndicales représentant plus de
80 % des enseignants du second degré.
Son idée principale est de « mutualiser » les enseignements. Voilà qui est bien dans l’air du temps :
prétendre tout soumettre à une forme de rationalité économique, tout en se payant de mots tels que
ceux que l’on peut lire dans le courrier adressé à l’ensemble des enseignants par Madame la Ministre
de l’Éducation Nationale : « renforcer l’acquisition des savoirs fondamentaux dans toutes les
matières et développer de nouvelles compétences indispensables au futur parcours de formation des
collégiens ».
Or cette « réforme » s’inscrit dans le cadre d’une loi d’orientation qui se révèle très nettement insuffisante
en terme de moyens. Comment faire mieux avec moins, lorsque l’on n’a déjà pas assez ? En
outre, elle accentuera les inégalités entre les établissements pour tous les domaines qui ne relèveront
pas strictement du socle commun nécessaire à l’employabilité future des élèves.
Sud-Éducation s’oppose fermement à ce projet qui ne fera qu’aggraver les conditions de travail des
enseignants en modifiant l’organisation des enseignements et des disciplines pour les inscrire dans
des dispositifs dont chacun a pu constater qu’ils constituent un échec dans le premier degré. SudÉducation
rappelle que des études concordantes menées depuis maintenant des années dans les pays
de l’OCDE, en France ou aux États-Unis par exemple, démontrent sans ambiguïté que seule la
baisse des effectifs dans les classes permet d’y réduire l’impact des inégalités sociales des élèves.
Les conditions de travail des personnels comme des élèves s’aggravent également vu le peu de recrutements
: de nombreux enseignants en congé maladie ne sont pas remplacés, ou bien le sont par
des personnels précaires et jetables.
Pour Sud-Éducation, le système de promotion tel qu’il est pratiqué aujourd’hui ne fait qu’exiger des
collègues qu’ils se conforment sans cesse plus vite, sans cesse avec plus de flexibilité à des orientations
imposées d’en haut pour espérer être payés un peu mieux. Nous dénonçons le caractère
infantilisant et subjectif (pour mémoire, un agent est évalué notamment sur son « rayonnement ») de
ces évaluations conjointes opérées par les chefs d’établissements et les inspecteurs pédagogiques.
Sud-Éducation revendique la création d’un corps unique d’enseignants qui exerceraient dans des
classes comptant vingt élèves au maximum, la titularisation immédiate des précaires, et la promotion
la plus rapide, sur le modèle de ceux qui nous notent, c’est-à-dire les membres du corps
d’inspection.