DHG : l'école publique réduite à l'indignité

Communiqué du syndicat SUD éducation 02
jeudi 12 février 2015

Comme chaque année à cette période les enseignants attendent les DHG, avec, comme depuis de trop nombreuses années, l'appréhension de ce qui les attend.
Est-il normal, dans un pays riche et développé comme le nôtre, que le moyens en heures et en postes alloués aux établissements scolaires pour fonctionner diminuent, au point que chaque année nous nous soyons habitués à craindre le pire, à lutter, nous battre pour arracher quelques heures en plus, sauver une classe ou un poste ?
Les enseignants n'ont-ils pas d'autres choses bien plus importantes à faire ? On entend partout depuis les attentats du 7 janvier à quel point le rôle de l'école est essentiel, capital, on nous somme de sauver la République, de mettre les enfants sur la voie de l'intégration sociale, de leur transmettre les bonnes valeurs, d'éliminer l'échec scolaire. De grands discours qui cachent une réalité misérable et honteuse : chaque année, nos moyens diminuent, nos conditions de travail se dégradent ! Les réformes se font à moyens constants, on déshabille Pierre pour habiller Paul, on rogne sur tout, on décide, par exemple, que désormais, la norme pour une classe c'est 30 élèves !
Oui, de grands esprits ont décidé dans leur infinie sagesse que l'augmentation des effectifs n'avait aucune conséquence sur la réussite ou l'échec scolaire...Une théorie tellement pratique quand on veut faire des économies sur le dos de l'éducation !
On ne s'attardera pas ici sur toutes les injonctions contradictoires qui sont assénées aux enseignants, leur rendant la tâche impossible et aggravant encore plus les inégalités scolaires dans un territoire qui n'a vraiment pas besoin de ça :
L'Aisne est un département dans lequel près de la moitié des enfants ont au moins un parent de catégorie défavorisée. C'est un des départements de France métropolitaine où le niveau de vie des couples avec enfants est le plus bas. Le niveau de vie des familles monoparentales y est aussi parmi les plus faibles. Ce département est encore parmi les dix dont le taux de pauvreté des 0-17 ans est le plus élevé, la présence de nombreuses familles à niveaux de vie faibles constitue un marqueur de difficultés sociales, et potentiellement scolaires.

La part des jeunes en difficulté de lecture s’élève à 17,6% dans l’Aisne.

Ce ne sont que quelques données parmi une quantité d'autres qui indiquent toutes la même réalité : notre département, et notre académie sont dans le rouge pour tous les indicateurs sociologiques.

Face à cette réalité, SUD éducation 02 ne voit qu'une seule réponse possible pour un gouvernement qui se targue de mettre l'école au cœur de ses priorité : mettre des moyens. Nous permettre de travailler dans des classes à effectifs réduits, avec du matériel performant.

SUD éducation 02 invite tous les enseignants de l'Aisne à lutter pour obtenir les moyens de travailler partout où on nous les retire, à être solidaires en refusant les heures supplémentaires, à manifester par tous les moyens leur refus de travailler dans des classes surchargées.